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Sheikh Nazim Adil al Haqqani Naqshbandi ar-Rabbani

Enfance, rencontre de son Maître, son enseignement

 

par Sheikh Amanoullah

Sheikh Nazim descend par son père du grand saint soufi ‘Abd al-Qâdir al-Jilani, fondateur de l’ordre qâdiri, et par sa mère de Mawlânâ Jalâl ad-Din Rumi, le fondateur des derviches tourneurs. Par son père il est « Hasani-Husayni », c'est-à-dire descendant du Prophète par les deux lignées possibles passant par les petits-fils du Prophète, Hassan et Hussayn. Pendant son enfance, il fut éduqué par son grand-père qui était un cheikh de la confrérie Qâdiri et un calligraphe réputé dans l’empire ottoman. Cette double ascendance n’est pas anodine, sachant que dans l’histoire des confréries il y eut souvent des luttes d’influence assez sévères entre la qâdiriyya et la naqshbandiyya. On peut comprendre que, en cette période ultime, la fonction totalisatrice, unifiante et pacifiante de sheikh Nazim parmi l’ensemble des turuq nécessitait qu’il y fût providentiellement prédisposé. Il est également remarquable que cheikh Nazim soit à la fois Turc, Arabe, Européen (de Chypre avec la nationalité anglaise), et qu’il parle et enseigne aussi bien dans les langues correspondantes. Très jeune, il pouvait conseiller et prédire le futur. Dès l’âge de cinq ans, il disparaissait de la maison, sa mère le cherchait partout et finissait par le trouver dans une mosquée où un tombeau, particulièrement celui de Umm Hiram, une femme, compagnon du Prophète. On trouvait souvent l’enfant en train de l’écouter, de lui répondre, d’avoir une conversation avec l’esprit de celle qui avait été enterrée en ce lieu quatorze siècles plus tôt!

Il étudia les lois islamiques, le Coran, les traditions, la jurisprudence et la logique. En même temps, il participait aux réunions initiatiques des qâdiriyya et des mawlawiyya. Il fit ses études au lycée turc de Nicosie, puis, à partir de 1940, il suivit des cours de chimie à la faculté des sciences de l’université d’Istanbul, où il obtint un doctorat. Il rencontra à Istanbul son premier cheikh qui l’initia dans l’ordre naqshbandi, cheikh Sulaymân Arzurumï.

Mais cheikh Nazim sentait déjà que son destin l’attirait ailleurs. Ce qui se vérifia le jour où, dans une vision intense, il vit cheikh Sulaymân Arzurumï lui dire : « Maintenant la permission est venue. Ton secret, ton héritage, ta guidance spirituelle n’est pas avec moi. Je t’ai seulement aidé jusqu’à ce que tu sois prêt à rencontrer ton véritable cheikh qui est aussi le mien, cheikh’ Abdallah ad-Daghastânï, ta clé est dans sa main, va le voir à Damas. Cette permission vient de moi-même et du Prophète. » Il courut voir son cheikh qui était à la mosquée ; là, cheikh Arzurumï lui dit: « Alors mon fils, es-tu heureux de ta vision ? » Le cheikh savait tout! Et il lui confirma qu’il devait aller à Damas.

Shaykh Nazim et son maître Shaykh ad Daghestani - Damas

Sa rencontre avec son Maître, cheikh 'Abdallah ad-Daghestani

 

Après bien des péripéties et des aides spirituelles, notamment celle du mufti de Tripoli qui l’assista sur ordre du Prophète, cheikh Nâzim arriva à Damas sans avoir aucune adresse. Il eut finalement une vision lui montrant la maison de cheikh ‘Abdallah. C’était en 1945 : à cause des bombardements, les rues étaient désertes. Cheikh Nâzim cherchait la maison. Il raconte : « Je regardai dans mon cœur pour savoir quelle était la maison du cheikh. À ce moment m’apparut dans une vision une maison bien spécifique avec une porte bien spécifique aussi. Je cherchai autour de moi jusqu’à ce que je trouve cette porte. Je m’en approchais pour y frapper quand le cheikh ouvrit la porte en disant: "Bienvenue, ô mon fils Nâzim effendi." »

 

Cheikh Nàzim resta avec cheikh ‘Abdallah pour la prière de la nuit, dormit, puis se réveilla pour les prières surérogatoires du matin qu’il accomplit avec lui. Cette forme rituelle initiatique, qui s’accomplit environ deux ou trois heures avant le lever du soleil et dont nous verrons plus loin les effets, est toujours enseignée et transmise par cheikh Nâzim dans la continuité de cheikh ‘Abdallah, constamment avec les disciples. Elles sont le support essentiel de l’élévation spirituelle pour ceux qui savent y rester fidèles. À notre époque d’agitation et de gestion du temps difficile, la nuit est précieuse et constitue même par excellence un moment de khalwa, de retraite spirituelle ; elle en a la fonction.

 

Nous avons remarqué précédemment combien les maîtres naqshbandi donnaient de l’importance à la vigilance, à l’état de « Présence » permanente. Or, ce qui en nous l’obscurcit, c’est notre nuit intérieure. Il y a en effet en nous une lourdeur, une grossièreté, une « boue » constitutionnelle de notre condition humaine qui étouffe la part de lumière qui, en nous, aspire à rayonner. Combattre cette léthargie, cette inconscience, cet oubli, c’est illuminer la nuit obscure de notre âme. Or, du fait de la loi des analogies, nous pouvons vérifier que le travail sur cette obscurité en nous se fait corollairement à celui de la vivification de la nuit, le qiyyâm al-layl. Rappelons que le Sheikh Al-Akbar lui-même, dans son petit traité La Parure des abdal (Hilyat-al-abdâl), nous a indiqué que les œuvres par lesquelles on devient badil (une catégorie de saints qui héritent des prophètes et ont la caractéristique de rendre leur corps subtil jusqu’à le dédoubler plusieurs fois) peuvent être résumées au jeûne et à la veille, au silence et à la solitude.

Son initiation par cheikh 'Abdallah ad Daghestânî

Cheikh Abdallah, en outre, dit que c’est dans cette période de la nuit qui précède l’aurore que l’esprit du maître vient, par excellence, visiter le disciple. Cheikh Nazim, au cours de cette première pratique rituelle avec cheikh Abdallah, raconte quelle vision il eut alors, se voyant monter de son lieu de prière jusqu’à Bayt al-Ma’mur (la Kaaba céleste), la « maison de Dieu », étape par étape. Quand il y arriva, il vit les cent vingt-quatre mille prophètes en rang, priant derrière le prophète Muhammad, les cent vingt-quatre mille compagnons également en rang derrière lui, puis les sept mille sept saints de l’ordre naqshbandi, puis les cent vingt-quatre mille saints de l’ensemble des autres ordres soufis, tous en rang pour la prière. Il y avait une place à côté du compagnon Abû Bakr Siddïq ; grand cheikh (Abdallah) y vint avec cheikh Nàzim, qui raconte que cette prière derrière le Prophète fut l’une des expériences les plus suaves et les plus belles de sa Vie. Quand la vision prit fin, cheikh Abdallah lui demanda de faire l’appel à la prière. Cheikh Nazim effectua donc avec lui les dévotions du matin, puis reçut l’initiation de l’ordre naqshbandi.

 

Il raconte cette expérience : « Grand cheikh me dit: "Ô mon fils, il m’a été octroyé le pouvoir de donner en une seconde à mon disciple la station spirituelle dont il est l’héritier." Comme il disait cela, il regarda en mon cœur avec ses yeux, en même temps ceux-ci commencèrent à changer de couleur, passant du jaune au rouge, puis au blanc, puis au vert, puis au noir.

 

« La couleur de ses yeux changeait tandis qu’il mettait dans mon cœur les connaissances associées à chaque couleur. La lumière jaune fut la première, elle correspondait à la station du cœur. Il mit dans mon cœur toutes les sortes de connaissances extérieures qui étaient nécessaires à la vie quotidienne des gens. Ensuite, il introduisit dans la station du secret les connaissances des quarante confréries dont l’origine remonte à Ali ibn Abû Tâlib. Je me découvris moi-même un maître dans toutes ces confréries. Tandis qu’il me transmettait les connaissances de cet état, ses yeux étaient devenus rouges. À la troisième station, qui est le secret des secrets et qui n’est permise que pour les cheikhs naqshbandi, il transmit dans mon cœur des connaissances tandis que ses yeux étaient blancs. Puis il m’amena à la station cachée, la station des connaissances spirituelles cachées, tandis que ses yeux devenaient verts. Ensuite il m’amena à la station de la complète annihilation, la station la plus cachée où rien ne peut apparaître : ses yeux avaient viré au noir. Là il m’introduisit dans la présence de Dieu, puis me ramena à l’existence. Mon amour pour lui à ce moment était si intense que je ne pouvais imaginer m’éloigner de lui, je ne désirais rien d’autre que de rester à son côté et le servir toute ma vie. Puis l’orage arriva, la tornade et les turbulences déchirèrent le calme. L’épreuve était gigantesque, mon cœur fut désespéré quand il me dit: "Mon fils, ton peuple a besoin de toi, je t’ai donné assez pour aujourd’hui. Va à Chypre aujourd’hui même."

Retour à Chypre

« J’avais mis une année et demie pour le rejoindre, je n’étais resté qu’une nuit avec lui et maintenant il m’ordonnait de retourner à Chypre, un endroit que je n’avais pas revu depuis cinq ans! C’était un ordre terrible pour moi, mais dans la voie soufie, le disciple doit se soumettre à la volonté de son cheikh. Après avoir embrassé ses mains et ses pieds, je pris sa permission et me mis en route pour Chypre, bien qu’on fût alors à la fin de la Seconde Guerre mondiale et qu’il n’y eût pas de moyens de transport. » (Sheikh Hishâm, The Naqshabandi Sufi Way)

Cheikh Nazim, malgré de nombreuses difficultés, usant de petites embarcations, finit par rejoindre Chypre. Il raconte que, dès son arrivée, il eut encore une vision spirituelle ouvrant son cœur : « Je vis grand cheikh Abdallah ad-Daghastani me dire: "Ô mon fils, rien n’a pu t’empêcher de m’obéir, tu as fait une grande chose en m’écoutant ct en acceptant. Dorénavant, je te serai toujours visible. À chaque fois que que tu dirigeras ton cœur vers moi, j’y serai, à chaque question que tu poseras, tu auras une réponse de la divine Présence. Chaque station spirituelle que tu voudras atteindre te sera accordée grâce à ta complète obéissance. Les saints sont satisfaits de toi, le Prophète est satisfait de toi." « Aussitôt qu’il eut dit ces mots, je le sentis à côté de moi et depuis, il ne m’a plus jamais quitté, il est toujours resté auprès de moi. »

La difficulté de sa mission

Cheikh Nazim resta enseigner à Chypre et constitua un groupe important de disciples. Pourtant à cette époque la religion était proscrite et il était interdit de faire l’appel à la prière. Lorsque le cheikh alla faire son appel à la mosquée, il fut donc immédiatement jeté en prison, mais n’y resta qu’une semaine. Dès qu’il fut relâché, il se précipita pour aller à la grande mosquée de Nicosie et recommença. Les autorités avaient décidé de rassembler un maximum de jugements contre lui afin le faire enfermer pour longtemps : de fait, il fut condamné à cent ans de prison! Mais, le jour prévu de son incarcération, de nouvelles élections en Turquie changèrent les rouages du pouvoir à Chypre ... Le nouveau président était l’un de ses proches et allait devenir un disciple.

Cheikh Nazim retourna à Damas en 1952 où il se maria avec l’une des disciples de cheikh Abdallah ad-daghastani, hajja Amina. Il y resta plus de vingt ans, c’est là que naquirent ses quatre enfants : deux filles et deux garçons.

Sa retraite au Mausolée de son aïeul cheikh 'Abd-al-qâdir aj-Jîlâni à Bagdad (Irak)

Un jour, cheikh Abdallah le fit appeler et lui dit: « j'ai reçu l’ordre du Prophète de te mettre en retraite spirituelle dans la mosquée de ‘Abd al-Qâdir aj-Jîlâni à Bagdad. Vas-y et fais une retraite de six mois ». Cheikh Nazim partit directement, sans même repasser par sa maison pour prendre de la nourriture ou de l’argent. Il raconte: « Quand j’entrai dans la mosquée de cheikh ‘Abd al-Qâdir al-Jïlâni, je trouvai une sorte de géant qui était en train de fermer la porte ct qui me dit: "Cheikh Nazim". Je répondis: "Oui." Il me dit: "Je suis chargé de te servir pendant que tu resteras ici, viens avec moi."

 

« Je ne fus qu’à moitié surpris, car dans mon cœur je savais que dans ce chemin tout est organisé par la divine Présence. Je le suivis tandis qu’il s’approchait du tombeau du "grand intercesseur auprès du Trône". Je saluai mon aïeul Abd al-Qadir al-Jîlânï, puis mon gardien m’introduisit dans une pièce en me disant : "Chaque jour je t’apporterai un bol de lentilles et un morceau de pain". « Je ne sortais que pour les cinq prières quotidiennes, sinon je restais dans ma chambre. J’arrivais quotidiennement à lire entièrement le Coran en neuf heures. Je récitai cent vingt-quatre mille fois la ilaha ill-Allah, cent vingt-quatre mille fois la prière sur le Prophète, lisant en outre entièrement Dalail al-khayrât [un livre de prières sur le Prophète de l'Imam al Jazouli de Marrakech), et mentionnai trois cent treize mille fois le nom Allah, tout comme les prières qui m’étaient assignées.  Les visions se succédèrent les unes après les autres jusqu’à ce que je fusse annihilé dans la divine Présence. »

« Un jour j’eus une vision dans laquelle cheikh Abd al-Qâdir m’appelait de son tombeau. II me dit: "Ô mon fils, je t’attends à mon tombeau, viens !" Je pris immédiatement une douche, fis deux rak’a [prières] et me dirigeai vers son tombeau, qui n’était distant de ma pièce que de quelques pas. Quand j’y arrivai, je me mis en contemplation et dis : "La paix soit sur toi, ô mon aïeul !" Immédiatement je le vis sortir de son tombeau et se tenir à côté de moi. Derrière moi était un grand trône décoré de pierres précieuses. Il me dit : "Viens avec moi et assieds-toi sur cc trône." Nous nous assîmes comme un grand-père et son petit-fils. II sourit et dit : "Je suis satisfait de toi. La station de ton cheikh Abdallah al-Fâ’iz ad-Daghastânï est très élevée dans l’ordre naqshbandi. Je suis ton grand-père, maintenant je te transmets directement le pouvoir spirituel que porte l’intercesseur auprès du trône. Je t’initie aussi à l’ordre qâdiri. »

« Aussitôt apparurent le Prophète, Shah Naqshband et cheikh ‘Abdallah. Cheikh ‘Abd al-Qâdir et moi-même nous levâmes par respect pour eux. Cheikh ‘Abd al-Qadir dit: "Ô Prophète, ô messager de Dieu, je suis l’aïeul de ce petit-fils, je suis si content de ses progrès dans l’ordre naqshbandi que je voudrais l’aider de mes pouvoirs spirituels." Le Prophète sourit et regarda shah Naqshband, tandis que Shah Naqshband regardait grand cheikh’ Abdallah al-Fâ’iz ad-Daghastani, Cela était une attitude conforme, car cheikh Abdallah était le maître vivant de son époque. « Grand cheikh transmit alors le secret de l’ordre naqshbandi à travers la ligne prophétique passant par Abû Bakr Siddïq, l’additionnant à l’influence spirituelle de cheikh ‘Abd al-Qâdir al-jilani. »

 

Cheikh Nazim raconte que, juste avant sa sortie de retraite, il vit encore cheikh’ Abd al-Qâdir al-Jilânî, lequel lui donna en souvenir de leur rencontre dix pièces de monnaie datant de son époque et qu‘il conserve encore jusqu’à aujourd’hui.

Après Sheikh Abdallah ad-daghestani

Après la mort de cheikh Abdallah, vint le temps où, en Turquie comme dans l’île de Chypre, les présidents Turgut Ozal ct Rauf Denkas se rapprochèrent du cheikh jusqu’à reconnaître son autorité spirituelle. Il put ainsi installer à Chypre un lieu d’études spirituelles pour les disciples - sa propre demeure, qui allait devenir un lieu typiquement naqshbandi dans sa structure et son organisation même.  Le cheikh habita avec sa famille dans une petite maison comportant un patio; juste dernière, en passant par une petite porte, le cheikh peut se rendre à une mosquée mitoyenne où il dirige toutes les prières et les réunions de dhikr et où il donne ses enseignements. Un peu plus loin sont aménagés des dortoirs pour l’accueil des disciples. Toute l’année ceux-ci y résident et, quand cheikh Nazim, est présent on peut y dénombrer chaque jour environ cent personnes, que le cheikh prend personnellement en charge. Il leur demande en échange, sans véritable obligation, de participer à l’entretien du jardin de la mosquée qui produit des dattes, des citrons, des oranges et des mandarines. Le cheikh dirige lui-même ces travaux agricoles avec beaucoup de compétences comme il est de coutume dans la voie des maîtres naqshbandi. Un jour, je fus témoin d’une étonnante situation : à cette époque sévissait sur l’île une sécheresse assez grave. Ce jour-là, plusieurs personnalités officielles vinrent en parler au cheikh. Un technicien muni d’une pompe se trouvait là, le cheikh le conduisit à un certain endroit de la plantation et lui dit : « Creuse et pompe là ! » L’homme s’exécuta, et le lendemain une source d’eau jaillit à l’endroit précis qui avait été indiqué. Elle avait un goût extraordinairement doux, dans une île où souvent l’eau de source est encore un peu salée. Le cheikh néanmoins fit mine de s’étonner et d’attribuer cet heureux événement à la baraka de l’un des visiteurs. Pourtant, comme nous allons le voir, la mission du cheikh devait le conduire à quitter l’oasis de paix qu’était devenue sa demeure pour d’incessants voyages.

 

Ainsi que nous l’avons remarqué, cheikh Nazim ne restait dans sa maison de Chypre que peu de temps chaque année. Cheikh ‘Abdallah lui avait donné une fonction spirituelle qui semblait le conduire dans le monde entier (car la terre tout entière est une mosquée) afin d’y répandre un enseignement spirituel, une sagesse, réveiller les cœurs et préparer les esprits aux temps difficiles à venir. En voyageant ainsi, nous pouvons dire que le cheikh rend visite à ses disciples répandus un peu partout dans le monde, mais en réalité son parcours est aussi le pèlerinage initiatique vers certains hauts lieux dans le monde. Certains voyages ont aussi pour fonction de vivifier les endroits susceptibles d’être des « réservoirs » spirituels. Outre les vingt-sept pèlerinages à La Mecque qu’il fit pour conduire les disciples, le cheikh visita, entre autres, la Malaisie, Brunei, le Pakistan, Sri Lanka, la Turquie, l’Europe, les États-Unis.

La France

Après Londres, selon son habitude le cheikh venait à Paris où il retrouvait d’autres disciples. Il y apprécie, dit-il, la délicatesse de l’atmosphère et il y trouve l’occasion de satisfaire une curiosité toujours en éveil, visitant par exemple le château de Versailles pour comprendre l’esprit de la France.  En France encore, il fut reçu à Matignon ; il rencontra des ministres et des députés qui ne cachèrent pas, même après son départ, leur étonnement devant la justesse, la sagesse de son discours, toujours parfaitement adapté à la situation.

                             

Les potentialités de la France sont elles aussi exceptionnelles, si l’on tient compte du renouveau des études akbariennes (les études et traductions de celui qui fut le plus grand des maîtres spirituels, le Sheikh Al-Akbar sidi Muhyi Ad-Din Ibn Arabi) dont ce pays est porteur, ainsi que le reconnaissent les spécialistes du monde entier. Cela est dû à l’œuvre providentielle de René Guénon, ce grand maître inspiré, disciple du Khidr et dont le général de Gaulle disait : « C’est un grand Français. » Cela est dû encore à celui qui fut un grand interprète du Sheikh Al-Akbar non seulement par ses traductions et sa vie, mais aussi par son enseignement et sa maîtrise : Sheikh Mustafa Michel Valsan, lui-même un proche de René Guénon. Ce qui est semé doit prendre le temps de mûrir avant d’être récolté, mais nous savons que la moisson sera grande.

 

Sheikh Nazim ne cessa toute sa vie de donner aux gens sincères de sa personne et de son énergie, typique et caractéristique des sages muhammadiens qui synthétisent tant la sunna extérieur qu’intérieur du Prophète Mohammad. Même jusqu’à fin de sa vie, Sheikh Nazim eu le soucis de disperser la sagesse, et s’adapta parfaitement aux outils de la modernité à tel point qu’il eut la spontanéité et l’initiative pour les générations futures de se rendre visible en ligne sur Youtube à presque l’âge de 90 ans !

Le grand compagnon de l’Imam al-Mahdi, Sheikh Nazim Adil al Haqqani an-naqshbandi ar-Rabbani naquit le 23 avril 1922 à Larnaca et a rejoignit son seigneur le 7 mai 2014 (7 rajab 1435) à Lefke où il fut inhumé dans sa maison. Que Dieu sancitifie son secret.

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Sheikh Amanoullah au maqam de Sheikh Nazim à Chypre

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