La Voie royale pour revenir à SOI, revenir au Seigneur, au Rabb qui habite dans nos cœurs c’est ce que toutes les traditions monothéistes,  en accord parfait,  appellent  : Le REPENTIR.

 

par S. Amanoullah de Vos

 

En arabe comme en Hébreux TAWBA le repentir c’est le retour de l’âme vers Dieu « yatubu » et ce retour appelle aussi celui de Dieu vers l’âme par une nouvelle alliance, un nouveau « dépôt de confiance » le TABUT (mot de même racine que tawba , repentir, retour à Dieu.).

 

Ce retour à notre réalité, à notre essence véritable n’est pas un simple jeu du mental, une simple inquiétude, une moralisation nouvelle, une simple prière ni une simple ascèse, c’est un chemi-nement qui implique le retournement de tout notre être dans un appel extrême, dans une prise de conscience profondément douloureuse, une remise en question sous la lumière de la grâce divine dont la sainteté fait précisément ressortir à quel point nous sommes égarés, profondément pêcheurs.

 

Il est nécessaire de faire face à notre faiblesse humaine, nécessaire de regarder en face notre péché permanent du fait que nous ne sommes pas dans la sainteté, nécessaire de voir de prés notre enfer intérieur. Ceci fait partie du voyage spirituel réalisé par tous les prophètes et envoyés divins.

Si vous demandez simplement pardon au sens de voiler votre faute ce n’est pas cette action de repentir dont nous parlons. Le repentir est une lumière de la conscience qui met au contraire la faute bien au clair, bien.

en face de nous. Elle se dévoile dans toute son horreur.

Il ne suffit pas de résister à la faute, même si bien sur le combat spirituel contre nos

passions est le début de la pratique, il faut aller encore plus loin.

Il s’agit d’appeler la lumière divine,  «  Allahu Nour, » pour que nous soyons conduits à la contemplation de ce pourquoi nous avons été créé « dans la meilleure des formes », puis voir par

 

 

Mais alors si l’on comprend ce qui vient d’être dit se pose la question évidente :

Comment réaliser ce véritable repentir si puissant qu’il puisse être la mort et la résurrection. Ce qui en mode islamique
s’appelle : al Fana, soit  l’extinction de l’EGO dans l’âme et « el Baqa » « la maintenance de l’âme transformée en Dieu ».

Car ce n’est que lorsque ce repentir est complet que  la joie devient parfaite. Nous entrons alors dans l’amour et la compassion pour tous les êtres privés de cette grâce.

La conscience devient ETRE et le rayonnement de l’Etre c’est la JOIE or celle ci se partage en tant que rayonnante sur toutes les créatures.


Plus profond le repentir et sa douleur plus haute et grande sera la joie du retour

 

Les conditions pour réaliser ce véritable repentir sont donc très importantes car il n’est pas facile de descendre dans les profondeurs sombres de son ego. Le disciple a tendance à regarder le ciel, à vouloir des expériences spirituelles qui deviennent souvent encore la proie de l’ego. Nous avons besoin d’un grand frère qui nous aide à regarder nos pieds avec humilité,  à prendre exemple sur la terre (l’humus)  sur qui nous marchons et qui pourtant nous nourrit en donnant ses fruits comme nous le rappelle le Coran.

 

Il nous faut regarder en face avec courage notre âme dans ses blessures dont les  « croûtes » empêchent la respiration. Ce

transformation. C'est un torrent de larmes qui devient l’eau de notre ablution.

 

Le repentir véritable, bien loin d’une simple remise en question ou de petites tortures de l’esprit se culpabilisant est plutôt  une grâce extraordinaire, très particulière émanant de la Présence sainte « QUDDUS ».

Il est indispensable en effet de se mettre dans la Présence de la Sainteté divine : « AL QUDDUS » pour mesurer à quel point nous sommes loin de cette sainteté.

Notre regretté maître Sheikh Nazim (q) aimait dire que si l‘on regarde une étoile de loin on la voit toute petite et l‘on se voit  soit même proportionnellement très grand mais plus on se rapproche d’elle plus on découvre que c’est nous qui sommes petits et elle très grande. Ainsi en est il de la Sainteté.

Plus l‘on progresse plus importante devient l‘humilité, plus le repentir s‘installe de façon permanente. Plus grande est la Grâce divine- car elle est la CONSCIENCE - plus douloureux, plus profond est le repentir et ceci tant que nous sommes dans ce monde.

 

Rabia Adawiya la grande sainte soufie répondit à un homme qui croyait que son ascèse depuis 20 ans l’avait sanctifié : « Malheureux ne vois-tu pas que toute ton existence est un péché ».

Plus grande est la Présence de la Sainteté plus petit se voit le serviteur devant cette grandeur.

Tant que nous sommes dans cette existence, le chemin n’est pas fini et reste glissant. On pourrait dire pour insister encore sur la permanence du repentir dans toute notre vie que celui-là ne pourra cesser que lorsque nous serons parfaitement conformes à Sayyidina Mohammad –‘alayhi çalat waSalam- et qui oserait prétendre cela  en ce monde si glissant.

 

 

 

 

 

Il n’y a pas d’exclusion pour le repentir

 

Nous avons donc l’intention de choisir, inshallah, près des montagnes de  France un lieu qui après un travail préliminaire sur le jeûne et sur la connaissance de l’âme peut nous permettre ensuite de nous retirer en silence dans des petites cabanes permettant un isolement d’une semaine à plusieurs mois et selon un programme de retraite décidé ensemble et accepté.

Nous avons reçu en effet la bénédiction de notre maître (q) pour guider ces retraites selon une science très ancienne qui reste toujours actuelle et même adaptable aux conditions et aux problèmes de notre époque, y compris par des conditions de jeûne, de nutrition et même un suivi médical.

 La permission spécifique de guider dans la Khalwa est évidemment essentielle, elle permet en effet de recevoir le don de la grâce divine qui est « Ruh al Hadi », Esprit de Guidance, l’indispensable soutien de  cette expérience.

 

Il y a bien sûr une préparation préalable, une maturation, une sélection pour discerner qui

est prêt pour cette retraite même si le repentir quant à lui est toujours nécessaire et permanent. Ainsi chaque jour et  surtout chacune de nos nuits peuvent être des petites retraites ou nous pouvons prier par exemple « salat an najât », la prière du secours avec de longues prosternations « sujûd » qui nous prédisposent à ce retour vers Dieu.

Quant à la retraite, un programme d’encadrement existe, mais sera adapté à chaque personne selon sa caractéristique propre, selon sa « signature spirituelle, » sa prédisposition, son chemin spirituel.

 

 Nous demandons ici et maintenant à tous, hommes et femmes sincères de prier pour que ce projet voit le jour dans cet Esprit
d’ouvrir un espace pour le retour à Dieu. Cela concerne toutes les personnes quelque soit leur religion, même les athés, car il n’y a pas d’exclusion pour le repentir.

 

WA MINA ALLAH AT-TAWFIQ


contraste avec ce sublime dessein divin pour nous, de quelle façon nous avons gâché notre héritage et nous sommes descendus si bas.

« Laqad khalaqna l insan fi ahssani taqwim thuma radadnahu assfala ssâfilîn » « Oui nous avons créé l’Homme dans la forme la plus parfaite ; puis nous l’avons renvoyé au plus bas des degrés » Coran 95, 4,5

Le repentir est  la toile de fond de tout le chemin vers Dieu, voir son péché en fait c’est voir son éloignement de la Présence divine, éloignement que celle-ci justement éclaire car Dieu est Lumière, Allahu Nour.

Voici en effet la plus grande douleur possible, celle de l’âme qui vit l’enfer de la séparation d’avec le BIEN-AIME ou même
l‘éloignement si petit soit–il est insupportable.

 

Plus l‘on progresse plus importante devient  l‘humilité

 

C‘est seulement en assumant de regarder cela, c’est en acceptant de vivre cet enfer, dans l’expérience du repentir dans ce feu qui purifie que l’on se libère précisément de

l’enfer définitivement, celui de l’éloignement,  de la séparation.

Il s’agit d’accepter l’épreuve du feu comme la salamandre qui s’y installe pour réaliser l’alchimie d’une profonde

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                    LA SALAMANDRE

 

 

n‘est pas facile de l’accepter, c’est une grande souffrance de la conscience comme nous l’avons indiqué, celle-ci nous laisse sans voix, sans désir de communiquer, juste dans la contrition, dans un silence de mort. Il nous faut être guidé, soutenu dans notre solitude pour vivre ce processus de la descente et de la remontée. Car il est facile de remonter quand on plonge, l’âme naturellement préfère la douceur du ciel mais répétons le encore pour ne pas oublier : plus profond le repentir et sa douleur plus haute et grande sera la joie du retour.

C’est pourquoi dans l’esprit  d’aider ceux qui veulent s’engager de façon sincère sur le chemin quelque soit leur religion il nous a été demandé de créer un lieu pour ce travail en compagnonnage  avec des hommes de bonne volonté.

Tout le monde ne peut pas choisir de se retirer du monde dans une montagne, au désert ou dans un monastère pour vivre pleinement ce « très cuisant repentir » qui de plus demande à être encadré, soutenu, géré, guidé, intégré.

 


 

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